Musique ivoirienne

Zoom sur la musique ivoirienne

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Il fallait qu’on écrive sur la musique de chez nous, il le fallait car la musique a une grande importance dans le cœur des ivoiriens. Au fil des années, elle a beaucoup évolué et même de nouveaux genres musicaux ont vu le jour. La musique ivoirienne a toujours été variée, sans doute dû au nombre important de cultures différentes en Côte d’ Ivoire.

La Variété et le Tradi-moderne

Dans les années 70 et 80, la musique s’inspirait encore du traditionnel. DErnesto Djédjé avec le Ziglibity, passant aux Sœurs Comoé avec la musique mandingue, et même Meiway avec le Zoblazo; les artistes s’inspiraient de leur propre culture issue de la région et au groupe ethnique auxquels ils appartenaient.  Si les instruments traditionnels étaient beaucoup utilisés dans la production musicale, d’autres artistes modernisaient leur musique avec des instruments modernes et parfois une orchestration magistrale. On peut le dire sans crainte, c’était l’époque des vrais talents et des vrais génies de la musique ivoirienne. Et même, on aurait aimé avoir vécu cette période pour être bercé par ces ballades super-intéressantes comme « Sapiou » de Delta Groupe ou danser an son de « Ziboté » d’Ernesto Djédjé.

Le Zouglou

Dans les années 90, le Zouglou naquis et pris une place très importante dans la musique ivoirienne. Il était le porteur de message car il servait en première partie à dénoncer les tares de la société ivoirienne, à bouder les politiques et à enseigner la jeunesse. Mais il était aussi l’ami des histoires drôles. Et c’était là le vrai moment de divertissement car on pouvait rire et danser à la fois au son de cette musique portée par des percussions. Pour être Zouglouman, il ne suffisait pas seulement d’être bon chanteur, mais aussi avoir le sens du rythme et de savoir raconter des histoires comme Magic System avec « Premier Gaou ».

Depuis les années 2000, le chouchou de la musique ivoirienne (le coupé-décalé) ne cesse de faire danser le continent africain, mais aussi d’autres continents.

Le coupé décalé

Ce genre est arrivé au moment où les Ivoiriens, frappés par une crise politique, en avaient le plus besoin. Marqué par son rythme dansant et son goût pour le matérialisme, le coupé-décalé a vu défiler toutes sortes de pseudo-artistes n’ayant que du talent pour le divertissement. En effet, ce qui importait n’était pas de savoir chanter ni d’avoir quelque chose à dire; mais de pourvoir amuser le peuple ivoirien.  Cependant, certains « coupé-décaleurs » arrivaient à montrer qu’ils avaient du talent. On peut citer Ericson le Zulu, Mulukuku DJ ou DJ MIX qui ont un vrai talent pour le chant.

Aujourd’hui, cette musique a bien évolué. Elle utilise beaucoup plus d’instruments. Elle porte, de rare fois, des messages. Mais elle éveille  surtout la créativité des arrangeurs et beatmaker qui nous enjaillent* avec des roukasskass* intéressants ou des jeux de guitare qui n’ont rien à envier aux chansons d’ailleurs.

Nul ne sait où Douk Saga (le précurseur du coupé-décalé) a tiré son imagination ; mais cette naissance fit et continue de faire du bien à la musique ivoirienne. Elle a inspiré des artistes tels que Arafat Dj, Serge Beynaud, Kedjevara ou encore Bebi Philip qui sont à ce jours de vrais porteurs du coupé-décalé.

Le HIP-HOP réinventé à l’ivoirienne

 Il ne faudrait surtout pas oublier la musique urbaine. Le Hip-Hop et le R&B qui tracent leur route tout doucement,  verront sans doute une explosion dans les décennies prochaines car pleins de talents sont en phase d’être découverts. Mais le plus intéressant c’est qu’on arrive à mélanger Rap et Coupé-décalé pour faire une sorte de Rap-Décalé, un Rap à l’ivoirienne.

La musique ivoirienne est un vrai bijou. Elle se réinvente chaque jour. Elle est aussi très variée car mélangeant la musique traditionnelle à la musique moderne. Si elle vous a déjà fait vibrer alors n’ayez aucune crainte et partagez l’article afin que la terre entière vibre avec nous.

Cheers !

*enjailler = amuser, avoir du plaisir

*roukasskass= blocages ou rythmes marqués par les  percussions

Commentaires (6)

  1. Excellente description de la musique ivoirienne…dommage qu'il n'y ait plus des chansons à texte avec de vrais paroliers comme ce fut le cas dans les années 70…

    1. Je suis d'accord. C'était l'époque où il y avait de vrais artistes en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui y'en a encore, mais peut être que c'est l'évolution qui le veut ainsi, car même ailleurs il y a des chansons qui cartonnent mais qui manquent de poésie. C'est un peu dommage. Mais je crois aussi qu'il ya bcp de talents qui n'ont pas encore été découverts

  2. Bravo !!! Mais il reste vraiment un pan de la musique Ivoirienne qui est ommis…Le reggea !!!

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